Dans le cadre du renforcement des capacités des agri-entrepreneur-e-s sur le projet Agri-résilience dans les départements de Porto-Novo, Comé et de Grand-Papa au Bénin sur les techniques agroécologiques résilientes aux changements climatiques et sur les techniques énergétiques propres, incluant la fabrication du pyrolyseur et du biochar, une deuxième formation (des formateurs) est offerte par le CREDEL aux membres des ONGs partenaires et aux services techniques agricoles. Cette formation destinée aux équipes des ONG partenaires RAIL et APRETECTRA s’est tenue du 17 au 19 février 2026 à Porto-Novo, puis du 23 au 25 février 2026 à Comè. Ces sessions de formation ont porté sur les techniques agro écologiques résilientes aux changements climatiques ainsi que sur les technologies énergétiques propres, avec notamment la production de biochar à partir d’un pyrolyseur.
Ce projet, financé par la Fondation Paul Gérin-Lajoie en collaboration avec GECA Environnement du Canada et porté par l’ONG CREDEL Bénin, vise à améliorer la résilience climatique et énergétique de 500 agri-entrepreneur-e-s en maraîchage (14 groupements) et/ou en transformation agro-alimentaire (21 groupements) à Comé, Grand-Popo et Porto-Novo. Il s’inscrit dans une démarche globale visant à doter les acteurs du monde agricole d’outils concrets et accessibles pour faire face aux défis environnementaux croissants.
A Porto-Novo comme a Come, les sessions ont été dirigées par M. GLIN Hubert, consultant au sein de l’ONG CREDEL et du chargé de projet M. ABIBOU Azim chargé du projet Agri-résilience. La formation a couvert six techniques agro écologiques résilientes aux changements climatiques, alliant théorie et pratique afin de favoriser une appropriation optimale des savoirs par les participants. Ces techniques, détaillées dans la section suivante, couvrent aussi bien la fabrication de fertilisants naturels que la production de bio-pesticides adaptes aux réalités locales.
L’approche pédagogique adoptée par M. GLIN Hubert s’est distinguée par son ancrage dans la pratique. Chaque technique a été présentée de manière progressive, du processus de préparation jusqu’à son application directe sur les cultures, permettant aux participants de repartir avec des compétences immédiatement mobilisables sur le terrain.
Le cœur de la formation est basé sur la présentation et la mise en pratique de six techniques agro écologiques soigneusement sélectionnées pour leur adaptabilité au contexte climatique local, leur accessibilité économique et leur impact positif sur la santé des sols, des cultures et des consommateurs. M. GLIN Hubert a conduit chaque participant à travers des démonstrations pratiques, permettant une appropriation concrète et immédiate des savoirs transmis.
| N° | Technique | Description et intérêt agronomique |
| 01 | Super-Sol
(Production normale et hors-sol) |
Substrat fertile enrichi, conçu pour améliorer la structure du sol et optimiser la rétention d’eau et des nutriments. Adapté aussi bien à la production en pleine terre qu’à la culture hors-sol (bacs, sacs, containers), il constitue une base solide pour des cultures maraîchères productives et résilientes. |
| 02 | Biofertilisant ionique | Fertilisant naturel à base d’éléments ioniques issus de matières organiques fermentées. Il agit directement sur la disponibilité des minéraux dans le sol, favorise l’absorption racinaire des nutriments essentiels et stimule la croissance végétative, sans recours aux engrais chimiques de synthèse. |
| 03 | Biofertilisant liquide
À base de Tithonia diversifolia (Tournesol mexicain) |
Préparé à partir des feuilles fraîches du Tournesol mexicain (Tithonia diversifolia), ce biofertilisant liquide est particulièrement riche en azote, phosphore et potassium. Sa formulation facilite une assimilation rapide par les plantes et améliore significativement la fertilité des sols dégradés, tout en étant entièrement biodégradable. |
| 04 | Bio-pesticide à base de fruits | Conçu à partir d’extraits naturels de fruits aux propriétés répulsives ou fongicides, ce bio-pesticide offre une protection efficace des cultures contre divers agents pathogènes et ravageurs. Son utilisation préserve la biodiversité du sol, réduit l’exposition des agriculteurs aux produits chimiques nocifs et garantit la qualité sanitaire des productions. |
| 05 | Bio-insecticide à large spectre | Formulation naturelle à large spectre d’action, capable de cibler simultanément plusieurs espèces nuisibles. Préparé à partir d’un assemblage de plantes aux vertus insecticides, il constitue une alternative durable aux pesticides de synthèse et peut être utilisé sur une grande variété de cultures maraîchères, tout en respectant les auxiliaires de culture et l’environnement. |
| 06 | Bio-insecticide à base de Kaolin
(Spécialement conçu contre les mouches blanches) |
Préparation spécifique à base de Kaolin, une argile minérale naturelle utilisée en pulvérisation foliaire. Cette technique crée une barrière physique protectrice sur les feuilles, empêchant les mouches blanches (Bemisia tabaci et aleurodes) de se poser et de pondre sur les plants. Particulièrement efficace en culture maraîchère, elle ne laisse aucun résidu toxique sur les légumes récoltés. |
Au-delà de leur simplicité de mise en œuvre, ces six techniques partagent une même philosophie : réduire la dépendance aux intrants chimiques coûteux, valoriser les ressources naturelles localement disponibles et renforcer la durabilité des systèmes de production maraîchère face aux aléas climatiques. Leur adoption progressive par les agri-entrepreneurs constitue un levier stratégique pour la souveraineté alimentaire et la santé des consommateurs.
À l’issue des sessions de formation, les acteurs institutionnels impliqués ont unanimement salué la qualité et la pertinence des contenus dispensés. Leurs témoignages reflètent non seulement leur satisfaction, mais aussi leur engagement à diffuser ces nouvelles pratiques au sein de leurs structures respectives.
| “Cette formation nous permet de mieux maîtriser les techniques agroécologiques et contribue au renforcement de la santé des consommateurs.”
— Wilfried MEWADAN, Chef cellule communale, ATDA pôle 7, Grand-Popo |
Ces propos illustrent bien l’impact immédiat de la formation sur la compréhension des pratiques agroécologiques par les agents de terrain. Dans la même dynamique, les bénéficiaires directs ont également exprimé leur appréciation, soulignant la valeur ajoutée de cette deuxième phase par rapport aux formations antérieures.
| “Cette deuxième formation vient renforcer la première tout en mettant davantage l’accent sur l’aspect économique des techniques agroécologiques. Elle nous donne des outils supplémentaires pour améliorer notre rentabilité.”
— Mme AYOLA Salomé, Membre de l’ATDA pôle 7, Porto-Novo-Adjarra |
Au-delà de l’aspect technique, c’est bien la dimension économique qui retient l’attention des bénéficiaires, conscients que l’adoption de pratiques agroécologiques doit rimer avec viabilité financière. Cette vision est partagée par les chargés de suivi-évaluation des ONG partenaires, qui voient dans ce projet une opportunité de réduire les coûts de production agricole.
| “Je tiens à remercier la Fondation Paul Gérin-Lajoie, l’ONG CREDEL et APRETECTRA pour cette initiative qui permet une production agricole à moindre coût. C’est une avancée concrète pour nos bénéficiaires.”
— DOSSOU Gérard, Chargé de suivi-évaluation, ONG APRETECTRA |
Cette initiative dépasse les frontières du Bénin. En effet, le projet associe également des partenaires régionaux dont l’ONG APRETECTRA au Togo, témoignant d’une ambition de coopération transfrontalière en matière d’agroécologie.
| “Cette formation a considérablement renforcé mes capacités sur l’adoption des techniques agroécologiques. Fort de ces acquis, je compte sensibiliser les groupements de producteurs afin qu’ils améliorent leur productivité et leur résilience face aux changements climatiques.”
— KOUDJINOU Paulin, Coordonnateur, ONG APRETECTRA Togo |
L’impact des formations ne se mesure pas uniquement en termes de satisfaction immédiate. Dès la première phase de formation, plusieurs bénéficiaires ont mis en pratique les techniques enseignées et observé des résultats concluants sur leurs exploitations. Ces retours d’expérience constituent une preuve tangible de l’efficacité de l’approche pédagogique adoptée par l’ONG CREDEL et ses partenaires.
| “J’ai constaté une grande amélioration des productions grâce aux techniques enseignées lors de la première formation, comparativement aux méthodes que j’utilisais auparavant. Les résultats parlent d’eux-mêmes.”
— GODONOU Joël, Technicien maraîcher, ONG RAIL |
| “Après avoir expérimenté la technique de bio-nitrate de calcium sur mes cultures de gombo, j’ai obtenu des résultats très satisfaisants, prouvant l’efficacité de cette méthode. Les récoltes ont nettement progressé en qualité et en quantité.”
— TOSSOU Raoul, Président, ONG IMPACT ECO |
Ces témoignages de terrain confirment que les techniques agroécologiques enseignées sont non seulement applicables dans le contexte béninois, mais également génératrices de valeur ajoutée pour les producteurs. Ils démontrent la pertinence d’une formation ancrée dans la pratique et orientée vers des résultats mesurables.
La deuxième phase de formation organisée par l’ONG CREDEL, en partenariat avec RAIL, APRETECTRA et GECA Environnement, s’affirme comme une étape clé dans la structuration d’une agriculture résiliente et durable au Bénin et dans la sous-région. Les retours enthousiastes des participants, combinés aux résultats déjà observés sur le terrain, témoignent de la pertinence d’une approche qui conjugue accessibilité technique, viabilité économique et responsabilité environnementale.
Forte de ces acquis, la dynamique enclenchée devrait permettre, à terme, de toucher les 500 agri-entrepreneurs ciblés par le projet, en particulier les femmes, afin de consolider leur autonomie économique et leur capacité d’adaptation face aux défis posés par les changements climatiques. La Fondation Paul Gérin-Lajoie, les ONG partenaires et l’ensemble des acteurs impliqués peuvent dès maintenant mesurer la portée concrète de leur engagement commun en faveur d’une agriculture plus juste et plus verte.
Article rédigé par le Chargé de Communication / CREDEL ONG / SOULEMANE MORA Djinindi / Février 2026









