Visite d’évaluation du FID : Les biostimulants, une piste prometteuse pour une agriculture durable au Bénin.

Le 10 juillet 2026, une délégation du Fonds d’Innovation pour le Développement (FID) s’est rendue à Hayakpa, dans la commune de Tori-Bossito, pour une mission d’évaluation dans le cadre du suivi des activités menées par CREDEL ONG. Cette visite avait pour but d’évaluer les effets agronomiques et économiques des biostimulants sur la culture du maïs, ainsi que leur contribution à l’amélioration durable de la fertilité des sols et à l’accroissement des revenus des producteurs. Ce projet, financé par le FID, est porté par CREDEL ONG en collaboration avec le Laboratoire de Biologie et de Typage Moléculaire en  Microbiologie (LBTMM) de la Faculté des Sciences et Techniques (FAST) de l’Université d’Abomey Calavi (UAC). Il est actuellement déployé dans les communes de Djakotomey, Aplahoué, Tori-Bossito et Kétou.

Dès l’arrivée de la délégation de FID au LBTMM de l’UAC, les membres du FID ont été accueillis par les équipes de CREDEL et les chercheurs du laboratoire. Une séance d’ouverture a réuni l’ensemble des acteurs concernés, favorisant ainsi des échanges constructifs autour des attentes respectives et des objectifs de la mission. Ce moment a permis de renforcer les liens institutionnels tout en clarifiant les rôles de chacun dans le dispositif de suivi évaluation.

Dans l’après-midi de cette journée, la délégation s’est rendue sur les parcelles expérimentales de Hayakpa. Les producteurs et chefs de filières ont partagé leurs observations, soulignant une vigueur accrue des plants, un feuillage plus dense et des épis en développement satisfaisant. Les discussions ont également porté sur les implications opérationnelles et financières d’une production à grande échelle, notamment en matière d’accessibilité et de coût des intrants. Ces retours de terrain ont permis de constater l’effet des biostimulants sur les itinéraires techniques habituellement pratiqués.

La responsable de la cellule communale de l’Agence Territoriale de Développement de l’Agriculture (ATDA) de Hayakpa a rapporté une réduction notable de la dépendance aux engrais chimiques, associée à une meilleure vigueur végétative des cultures. Les exploitants ont également évoqué une résilience accrue des parcelles face à des aléas climatiques ponctuels, renforçant ainsi leur confiance dans ces nouvelles pratiques. Ces premiers résultats suscitent un sentiment d’espoir et de fierté parmi les bénéficiaires, qui perçoivent déjà un potentiel de rentabilité intéressant.

Dans la continuité des échanges, CREDEL ONG et le FID ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les expérimentations sur plusieurs campagnes agricoles. L’objectif est d’évaluer les effets résiduels des biostimulants sur la fertilité des sols et d’en mesurer la performance à long terme. Les entretiens menés dans les quatre communes couvertes par le projet révèlent un large consensus sur l’intérêt de ces biostimulants comme levier durable pour la culture du maïs et la préservation des ressources naturelles.

Toutefois, des préoccupations ont été soulevées concernant le coût et l’approvisionnement en biostimulants, particulièrement dans une perspective de passage à l’échelle. Ces interrogations permettent d’orienter les futures actions vers une meilleure articulation entre recherche, production locale et mécanismes de financement adaptés. La présidente du FID a salué la qualité des échanges et réaffirmé le soutien de son institution à la mise en œuvre des activités pilotées par CREDEL ONG, tout en soulignant le rôle clé des données probantes pour asseoir les décisions futures.

Afin de consolider les acquis, plusieurs perspectives ont été dégagées : la poursuite des essais sur plusieurs cycles culturaux, la documentation rigoureuse des résultats issus de la recherche développement, et la mise en place d’un dispositif entrepreneurial et institutionnel impliquant producteurs, organisations paysannes, acteurs privés et pouvoirs publics. Cette approche participative vise à garantir une adoption cohérente et pérenne des biostimulants.

Au terme de cette mission, la dynamique observée confirme le potentiel des biostimulants comme vecteur de durabilité pour l’agriculture béninoise. Les échanges ont mis en lumière des avancées encourageantes, tout en identifiant les défis à relever pour assurer une montée en puissance maîtrisée. La voie vers une généralisation passe par des évaluations continues, une amélioration de l’accès aux intrants et un cadre opérationnel inclusif, réunissant l’ensemble des parties prenantes du secteur agricole.

Rédaction et photographies : SOULEMANE MORA Djinindi / C COM / CREDEL ONG

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