Tori-Bossito, le 15 janvier 2026 une quarantaine d’acteurs du secteur agricole se sont réunis ce jeudi matin pour l’atelier de clôture du projet « Biostimulants à base de Champignons Mycorhiziens à Arbuscules (CMA) indigènes pour une amélioration durable des revenus des producteurs et de la qualité des sols au Bénin », financé par le Fonds d’Innovation pour le Développement (FID). Porté par l’ONG CREDEL, en collaboration avec le Laboratoire de Biologie et de Typage Moléculaire en Microbiologie (LBTMM) de l’Université d’Abomey Calavi (UAC) et l’Institut National des Recherches Agricoles du Bénin (INRAB), ce projet apporte une réponse écologique à la crise de fertilité des sols.
L’atelier a débuté par une série de mots de bienvenue qui ont posé le ton de cette journée historique. Le Directeur Exécutif de CREDEL ONG a ouvert les travaux en remerciant l’ensemble des instituts partenaires, les techniciens et les producteurs pour leur engagement tout au long du projet. Il a souligné l’importance de cette initiative dans la transformation durable de l’agriculture béninoise et a salué la mobilisation exceptionnelle des producteurs, partenaires techniques et institutionnels et les participants.
Le Responsable du Laboratoire de Biologie et detypage Moléculaire en Microbiologie (LBTMM) de l’UAC a ensuite pris la parole pour mettre en avant la dimension scientifique du projet. Il a rappelé que cette innovation s’appuie sur des recherches rigoureuses et sur la valorisation des ressources microbiennes locales, démontrant ainsi la capacité de la recherche béninoise à apporter des solutions concrètes aux défis agricoles du pays voir de la sous-région.
Le Responsable du Laboratoire 2A2S2E de l’INRAB a également adressé ses mots de bienvenue à l’assemblée, insistant sur le rôle crucial de l’évaluation scientifique dans la validation de l’efficacité du biostimulant sur la qualité et la conservation des sols.
L’allocution d’ouverture a été prononcée par le représentant de la Cheffe Cellule Communale de Tori-Bossito, qui a exprimé la fierté de la commune d’accueillir la clôture de ce projet novateur. Il a souligné l’impact positif déjà visible sur les exploitations agricoles locales et a réaffirmé l’engagement de la Cellule Communale en collaboration avec les autorités communales à soutenir la diffusion de cette technologie auprès des producteurs de la région.
Ces allocutions introductives ont été suivies de la projection d’un film documentaire captivant retraçant les différentes étapes du projet, de la production du biostimulant à son application sur le terrain, offrant ainsi à l’audience une vision complète du parcours accompli.
Face à la dégradation des sols et à la dépendance coûteuse aux engrais chimiques, les chercheurs ont développé le MYCO BEN, un biostimulant utilisant des champignons mycorhiziens indigènes pour restaurer la vie microbienne des sols et améliorer la productivité agricole.
Les résultats sur les quatre (04) sites pilotes (Aplahoué, Djakotomey, Kétou, Tori-Bossito) sont spectaculaires. La productivité moyenne est passée de 1,29 à 3,81 tonnes par hectare, soit une hausse de 194 %. À Zouzouvoun, le rendement a explosé de 418,75 %, passant de 0,72 à 3,73 tonnes par hectare. L’impact économique est tout aussi impressionnant : le gain moyen atteint 446 790 FCFA par hectare, soit une augmentation de 172 % des recettes.
L’évaluation scientifique révèle que les CMA favorisent une meilleure mobilisation de l’azote (augmentation de 63 % à 98 %) et du phosphore (gains de 87 % à 170 %). Ces champignons mycorhiziens à arbuscules créent une symbiose avec les racines des plantes, permettant une meilleure absorption de l’eau et des nutriments essentiels tout en renforçant la résilience face aux contraintes climatiques.
Les témoignages des bénéficiaires (productrices et producteurs) ont particulièrement ému l’assistance. Une productrice de Zouzouvoun, dont le rendement a été multiplié par cinq (05), a confié : « Nous ne pensions plus que ces terres fatiguées pouvaient encore nous nourrir. Avec le biostimulant MYCO BEN, tout a changé. Non seulement nos plans sont plus verts et robustes, mais nos poches sont aussi plus pleines. Pour la première fois depuis des années, j’ai pu acheter des cahiers pour mes enfants sans m’endetter. C’est une véritable renaissance. »
Un agriculteur d’Hayakpa a témoigné : « Avant, je devais emprunter pour acheter des engrais chimiques qui épuisaient ma terre. Aujourd’hui, je peux rembourser mes dettes et investir dans l’avenir. » Un producteur de Kétou a souligné la facilité d’utilisation : « Les effets sont visibles dès les premières semaines. Mes voisins me demandent maintenant comment l’obtenir. »
Les recommandations appellent à poursuivre les recherches sur plusieurs campagnes agricoles et à intégrer les CMA dans les stratégies nationales de gestion des terres. Les perspectives incluent l’extension à d’autres cultures, notamment les plantes fourragères, et une production à plus grande échelle pour répondre à la demande croissante.
Avec des partenaires comme la SODECO, Biophyto, la FUPRO-Bénin et l’Union communale des producteurs, l’écosystème nécessaire au déploiement de cette technologie se structure. Le MYCO BEN s’impose comme un levier incontournable pour une agriculture durable en Afrique de l’Ouest, démontrant que des solutions locales peuvent répondre aux défis de sécurité alimentaire et de dégradation environnementale. L’atelier s’est achevé par une photo de famille symbolisant l’union des acteurs autour d’une agriculture performante et respectueuse de l’environnement.
Rédaction/Photographie / SOULEMANE MORA Djinindi / C COM / CREDEL ONG








